En fait il s’agit de pêche aux titres originaux. Je devais pas être bien réveillé. C’était l’automne, disons, parce que c’est ma saison préférée. C’était aussi sur les quais, j’aime pas bien les quais mais rien ne me vient, c’est des quais carrés alors histoire de me rebeller un peu je vais les faire ronds et y coller un arbre et demi, tiens. Et quel type d’arbre et demi ? Un églantier et gland, forcément correct puisque ça sonne. Voilà pour le décor… Ah ! et vu que c’est métafictionnel, je suis accompagné d’un personnage appelé Méta, parce que « Méto » c’est la porte ouverte au bordel homophonique, « Métaf » c’est bizarre et « Métek » c’est raciste.

Je sors ma canne à pêche et le truc qui enroule le fil et les hameçons et les chaises de camping Queudchat et tout ce matos qu’il faudra aller chercher sur Wikipédia pour surtout pas briser l’illusion — pour le coup et comme je suis un sagouin je l’ai prise avec moi et je la jette à la flotte, mais il s’avère que l’illusion flotte et s’éloigne au fil de l’eau comme de jolis radeaux de mots en me faisant des fucks. Bon. Je peux pécher ?

— C’est « pêcher », et on attend que ça.

C’est Méta, il prend ses aises et ouvre sa gueule. Je lui dis qu’il est tout seul ? Parce que vraiment, j’aime pas les « on »… Léon sort la tête de l’eau pour faire sa blagounette, il voit que j’approuve pas — c’est bien trop Stephen King — d’ailleurs le temps que j’écrive ça Léon s’est transformé en cadavre de Léon, Léon-Macchabée me lance un sourire édenté mais j’en ai vu d’autres alors je fais disparaître le fantôme et je change son sourire en baguette de chez Paul. Paul tente aussi une entrée mais non, j’en ai vu d’autres et ça reste une baguette, merci. Bon… j’aurais préféré celle d’un petit artisan plutôt qu’une pâte d’enculé de droite, mais on va pas y passer la nuit d’autant que Méta a déjà installé sa canne.

— Je prends le relais

je lui fais, et j’attrape mon premier titre. Ça dit : « La pêche aux titres originals. » Très malin, vraiment. Méta se marre, l’est con, celui-là. Pas le temps de s’appesantir, deuxième prise : « Prise prise lors d’un Tel est pris qui croyait prendre. » Décidément, c’est de mieux en mieux. Numéro 3 : « Numéro 3. » Bordel. Je persévère : « Mein Kampf. »

— Déjà pris,

me dit Méta.

— Déjà pris, c’est le plus p’tit de nos soucis, mais partons pas là-dessus,

je lui réponds sèchement, parce que ça commence à me fatiguer et que j’écris ça sur les chiottes à 3h46 une nuit d’insomnie, que j’ai envie de me lever et que je me rappelle que les plaisanteries les plus courtes sont les plus courtes.

Ça mord de nouveau, j’espère que c’est la bonne :

« Un petit tour sur YouPorn ? »

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