Pieuvre à Plumes

Histoire de jeter l'encre

Auteur : Pieuvre à Plumes

Marine + Isidore

Qu’est-ce qu’il a encore fait, ce con ? Voilà ce que Jeff pensa en entendant le claquement de la porte d’entrée suivi du beuglement de son colocataire : « Je viens d’assister à un acte divin ! Un putain d’acte divin ! » Isidore, le coloc en question, n’avait pas dormi depuis trois jours — c’est-à-dire depuis sa déconvenue avec Marine. Jeff trouvait débile de se mettre dans un état pareil pour un pauvre râteau. À croire qu’Isidore ne s’était jamais fait jeter par une fille.

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Summertime

Summertime, and the livin’ is easy
Fish are jumpin’ and the cotton is high
Oh, your daddy’s rich and your ma is good-lookin’
So hush little baby, Don’t you cry

One of these mornings you’re gonna rise up singing
And you’ll spread your wings and you’ll take to the sky
But ’til that morning, there ain’t nothin’ can harm you
With Daddy and Mammy standin’ by

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Bas soleil, branche brisée

Conte marin

Je suis mort. Comme prévu, ç’a été horrible. Enfin, la mort pas tant que ça, mais la descente, fiou ! Un enfer ! J’avais donc raison : faut pas monter en avion. « Mais les statistiques, mais les gnagnagna… » Ouais ouais, je les connais ces statistiques. N’empêche qu’il y a encore des avions qui tombent, et il a fallu que ça me tombe dessus… que ça me tombe dedans… que ça me tombe avec… j’en sais rien, voilà. Et puis j’ai pas que ça à faire, non ?

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La pêche aux titres originals

En fait il s’agit de pêche aux titres originaux. Je devais pas être bien réveillé. C’était l’automne, disons, parce que c’est ma saison préférée. C’était aussi sur les quais, j’aime pas bien les quais mais rien ne me vient, c’est des quais carrés alors histoire de me rebeller un peu je vais les faire ronds et y coller un arbre et demi, tiens.

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THC-0

L’enterrement

Ondée de juillet

Pape 2.0

Le jour de sa venue, ils se levèrent aux aurores pour attendre sur le boulevard Toudroit-Trélon. Tous portaient un t-shirt à l’effigie du fameux casque chromé, surmonté, en lettres dorées, de la devise papale : « Pape est là, Pape plus là ».

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Tendresses

Morosité dans la Twingo. Le beauf conduit, la sœur est à côté. Trois frères à l’arrière.

 

— Papa c’était quand même un gros chaud lapin, dit la sœur.

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Alambiqués

23 juin

Ballast

Pour Marion, ce voyage en train était une anomalie. Elle avait juré de passer ses vacances chez elle, bien au frais, à regarder ses séries préférées. Non, elle ne s’assiérait pas à la terrasse d’un café pour profiter du beau temps estival, pas plus qu’elle n’irait flâner au parc. Trop de soleil, d’enfants, de parents… Trop de tout. Promis, juré : elle ne franchirait la porte de son appartement qu’en cas de pénurie de sucreries.

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Brume simplette

L’étang

Épigramme à V. B.

Lise + Éric

Rondel à Jules Prestof

Retour en ville

118 éléments

Tortue

L’illuminé

Kokoïsky

Laurent

Prague

Le fusil du grand-père

Les Hommes-Chiens

Le Souffleur

Concours – Le poème de concours ultime, en alexandrins bien évidemment

L’école de la Bite de la République

À douze ans j’avais un copain qui s’appelait Boris, dix ans. On était cul et chemise, avec Boris, toujours à faire brûler des trucs près du club équestre où on nous envoyait faire du poney pendant l’été. Je haïssais les poneys, mais putain, ce que j’aimais Boris. Avec sa petite bouille, sa petite taille, sa petite bite, les gens lui donnaient le Bon Dieu et ne manquaient pas de lui demander s’il en revoulait, alors qu’il passait son temps à se branler en pensant aux monitrices.

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Interlude de Grümp n°1

Chaque semaine, mois, année ou décennie, la Pieuvre ouvre ses colonnes à Grümp l’OFNI (Objet flottant non identifié). Il veut raconter sa vie. Je lui ai bien dit de dégager, mais le courant me le rapporte toujours comme une espèce de boomerang maudit (Lord Nicolas Cage, me contacter en MP si l’idée vous intéresse). Voici donc la dernière saillie de Grümp. Il la dédie à tous ses ennemis de l’île d’Oléron. Comprenne qui pourra :

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Hockey, Eustache

Mon colocataire Eustache me tape sur les nerfs, il refuse de quitter ma chambre.

— Allez, t’as gagné : je te le donne le ticket !

— En quelle langue faut te le dire ? J’aime pas le sport, Eustache.

— Mais là c’est du hockey ! Du hockey ! Pif-paf, quoi !

Il finit par m’avoir en me promettant une collation, une fois à la patinoire.

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Interlude de Grümp n°2

Chaque semaine, mois, année, etc. etc., la Pieuvre ouvre ses colonnes à Grümp l’OFNI (Objet flottant non identifié). Il nous les brise avec sa vie. Je lui ai bien dit de dégager, mais le courant me le rapporte toujours comme une espèce de boomerang maudit (Lord Nicolas Cage, franchement, je vous ai connu moins regardant, donc MP fissa). Voici le dernier renvoi de Grümp. Il le dédie à tous les pesticides Monsanto. Comprenne qui pourra :

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Gros lot

J’habite au premier étage d’un immeuble vétuste, de l’autre côté de la voie ferrée. Comme mon appartement donne sur la cour intérieure, je suis toujours aux premières loges pour assister aux trucs qui s’y passent. L’été, avec les fenêtres grandes ouvertes, c’est même impossible de rater le spectacle. En ce moment une femme, de dos, invective le voisin du rez-de-chaussée, de l’autre côté de la cour.

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Parasite

La femme s’approcha de l’épicier et chuchota :

« Dites, l’homme qui fait la manche là, sur le trottoir, c’est un vrai clochard ? Je le vois tous les jours, mais c’est un vrai ? »

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Jägermeister

Cindy n’avait ni GPS, ni smartphone. Elle en était très fière. « Rien ne vaut une carte et une bonne vieille boussole », déclarait-elle à qui voulait l’entendre, et même à certains qui n’avaient rien demandé. Elle déplia donc sa carte et se repéra facilement. Après avoir traversé le ruisseau, il lui faudrait encore une bonne heure de marche pour arriver au refuge.

« Vous n’avez pas peur de dormir là-bas ? » avait demandé le propriétaire de la chambre d’hôte où elle avait passé la nuit. « On dit que c’est hanté. »

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Des facéties de Monsieur Connard et de son renard merveilleux

Si je dois l’écrire, je dois l’écrire vite, car on peut m’interrompre n’importe quand pour me demander l’heure, une cigarette ou même son chemin, des choses que je possède et dont l’idée même de me défaire m’est insoutenable. Avant donc d’être interrompu, j’aimerais vous parler du connard au renard qui traîne aux abords de la rue Édouard d’Anjou, dans le deuxième arrondissement. 

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Ricochet, Eustache

1

 

Joséphine suivit Théophilia le long d’un corridor bleuté. Sa nouvelle collègue ouvrit une porte qui donnait sur une pièce où trônaient cinq bureaux disposés en quinconce ; quatre de taille moyenne en fer et le cinquième plus grand, en bois. Il occupait le centre de la pièce. Assise à ce bureau, une forme massive leur tournait le dos. Théophilia regarda Joséphine.

— Joséphine, je te présente Valéria Alamo, notre responsable.

La forme pivota lentement pour dévoiler un visage asymétrique jusqu’aux yeux posés au fond des culs de bouteilles. Alamo, la cinquantaine, fixa Joséphine qui se rapprocha en tendant la main.

— Ne bougez plus, fit Alamo. Aimez-vous les mots, Mademoiselle ?

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Pieuvre à plumes & Par François Sechier