C’était un fusil au mur

D’une bicoque aussi morte

Que son propriétaire

— Mon grand-père —

Maintenant dans le placard

— Mon fusil —

N’a fait que quelques pas

Depuis la mort du vieux

— Mon grand-père —

D’autant qu’il y’a pas

L’feu, non… Y’a plus l’feu.

 

Il est caché chez moi

— Mon grand-père —

Et dans ma tête il danse

— Mon fusil —

Comme un spectre de sens

— Mon grand-père —

Il a bien dû tirer

— Mon fusil —

Et a bien dû tuer

— Mon grand-père…

Fallait pas canarder

Les oiseaux de malchance.

 

Quand j’étais tout gamin

Je montais sur une chaise

— Chaise montée sur une table

montée par mon grand-père

monté par ma grand-mère —

Je tirais sur le chien

— Du fusil / du grand-père —

Pour de faux.

 

Pan !

 

Pour de faux !

et c’est toujours pareil

— Mon grand-père

Mon fusil

Mon grand-père-fusil,

Pareil, j’vous dis ! —

mais

Les balles à blanc chez moi

Sont de vraies chez les autres.

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